La fermeture de la décharge Gramacho au Brésil

Ce que la fermeture de Gramacho, la plus grande décharge à ciel ouvert d’Amérique latine, a engendré sur les habitants du quartier Jardim Gramacho.

Une décision à double tranchant

  La décharge Gramacho se situe dans la municipalité du Duque de Caxias, dans le quartier du Jardim Gramacho, près de la baie de Guanabara, non loin de Rio de Janeiro. Avant sa fermeture en juin 2012, il occupait une superficie d’environ 1,3 millions de mètres carrés. Gramacho, connu internationalement pour être la plus grande décharge à ciel ouvert d’Amérique latine, contenait 60 millions de tonnes de poubelles, atteignant parfois jusqu’à 65 mètres de hauteur. Considéré comme un désastre écologique, le gouvernement brésilien a finalement décidé de le fermer en juin 2012 à la veille du sommet sur le climat et le développement durable Rio+20, après plusieurs annonces antérieures qui n’ont jamais été mises en vigueur.

60 millions de tonnes de déchets pouvant atteindre jusqu’à 65 mètres de hauteur … Décharge de Jardim Gramacho Photo : Pedro Kirilos / Agencia O Globo

 

 

Les catadores, une communauté oubliée

Fermer Gramacho a donc été un succès parce que l’on a évidemment évité une catastrophe naturelle bien que l’on puisse voir les désastres causés par la décharge dans la baie et sur les plages. En effet, comme l’indique l’article de Jorge Pinheiro (sociologue, professeur en sociologie et droit) sur l’histoire de la décharge de Gramacho, les problèmes que le phénomène soulève aura des conséquences à moyen et long terme.

Cependant, le sujet n’est pas seulement un thème écologique mais aussi social puisque la fermeture de Gramacho a appauvri d’autant plus les habitants du quartier. De fait,  la décharge représentait une source financière pour beaucoup de personnes. La communauté des catadores vivait du tri sélectif des déchets et ont développé leurs favelas aux alentours de Gramacho. Chacun d’entre eux, qu’il soit homme ou femme se spécialisait dans un matériel tel que le plastique, le métal, le papier ou le verre qu’il vendait et donnait à un intermédiaire pour gagner sa vie. Si la préfecture a pris la décision d’indemniser les catadores, il semble que cela ait été le cas  seulement pour quelque-uns d’entre eux, puisque seul ceux qui avaient un contrat depuis 10 ans ou plus ont reçu une indemnisation, c’est à dire une infime partie de la communauté.

La vidéo, tirée du reportage de Juliana Castro, illustre, à travers des interviews de différents témoins, le quotidien des catadores, la manière et les conditions dans lesquelles ils travaillent, pourquoi font-ils le tri et ce qu’ils en retirent et surtout ce qu’ils risquent.

 

Soraya Ben Miloud et Nahima Quénum

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